À Apprieu, Thierry Court revisite les bonbons et barres chocolatées emblématiques de son enfance. Avec son savoir-faire de chocolatier-confiseur et un sens aigu de la création, le créateur des Petits Bonheurs en détourne les recettes avec plus de qualité.

N’en déplaise à son pedigree de pâtissier multimédaillé, Thierry Court n’aime rien tant que fabriquer des bonbons ! “J’en suis un passionné depuis l’enfance, et je ne suis pas le seul : nos clients apprécient les Petits Bonheurs pour le réconfort qu’ils procurent et le côté régressif !”
Le néo-confiseur artisanal s’est installé en 2023 à Apprieu, dans le Voironnais, pour développer cette gamme unique en France de snacking sucré. Face au succès de celle-ci, qui l’a déjà poussé à fermer sa célèbre pâtisserie grenobloise de la rue de la Poste, il revient en ville ce printemps pour ouvrir un concept store à Grand-Place.
L’incessante quête du goût
Jouant la nostalgie dans une déco pop années 1980, il y propose des chocolats, des biscuits, des créations mensuelles dans un coffee-shop (en partenariat avec La Brûlerie des Alpes), mais surtout, en vrac, ses bien nommés Petits Bonheurs, des bonbons gélifiés ou dragéifiés aux barres chocolatées, en passant par les billes de céréales ou des biscuits Petits Cancres.
“Ces incontournables de mon adolescence, je les revisite avec moins de sucre et plus de qualité !”
Pour cela, le maître artisan chocolatier-confiseur, vainqueur du « Meilleur Pâtissier, les professionnels », sur M6, en 2017, s’appuie sur des produits “basiques, mais choisis pour leur goût et leur texture”.
Fidèle à son ADN créatif, l’ancien pâtissier bien connu des Grenoblois pour ses macarons, enrobe ainsi de couvertures goût pâte à tarte ou abricot certaines de ses billes de céréales Criiiks. “Qui n’a jamais trempé les doigts dans la pâte en faisant un gâteau ?” interroge-t-il avec malice.
De nouveaux enjeux pour l’ancien pâtissier

Dans son atelier, Thierry et ses quatre apprentis s’aident désormais de machines impressionnantes pour faire face à la demande, telle une enrobeuse chocolatée de 13 mètres de long avec un tunnel de refroidissement pour que les barres soient disponibles tout de suite.
Et les deux vieilles turbines en cuivre font sensation pour leur aspect vintage auprès des visiteurs, mais aussi pour leurs performances, avec 80 kilos de billes qui sortent à chaque fournée.
Mais le volume n’enlève rien au côté artisanal de son activité. Pour le pâtissier reconverti – “sans labo de R&D !” –, le plus technique est de travailler sur le vieillissement des confiseries :
“Face aux produits des industriels qui restent deux ans en rayon, on cherche sans cesse les meilleures recettes pour offrir une conservation acceptable qui n’altère pas la qualité des Petits Bonheurs, c’est très différent de la pâtisserie.”
Pour cela, Thierry Court teste, échoue, teste à nouveau, jusqu’à trouver le Graal. “C’est parfois bien plus simple qu’on ne l’imagine, et inversement !” Faire des bonbons, un jeu d’enfant ?
Des stars version artisanale
Lancée en 2016, la gamme des Petits Bonheurs comprend une trentaine de références. Parmi ses produits-phares, outre les « bulles » de Grenoble, les Bom’bom fraise-banane (des guimauves inspirées pour moitié des célèbres Tagada) et les non moins indémodables nounours enrobés de chocolat, “cette fois-là à la guimauve vanille ; ça cartonne en ce moment, on en produit jusqu’à 6 000 par semaine”, précise Thierry Court.
Quant aux produits personnalisables, prisés des entreprises faisant appel à son atelier, les K-wouet : ces M&M’s revisités sont vendus dans des épiceries parisiennes prestigieuses et même à la tour Eiffel, en version bleu, blanc, rouge !