La nature vous donne rendez-vous

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© F. Pattou

Publié le : 30 mars. 2025

Dès le 8 mai prochain, le Département vous invite à découvrir ses espaces naturels sensibles (ENS). Mais un ENS, c’est quoi ? Qui le gère ? Comment ? Pour quelle utilité ? Les explications de Céline Dolgopyatoff Burlet.

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Céline Dolgopyatoff Burlet, vice-présidente du Département en charge de l’environnement et de la biodiversité. © A.Breysse

Isère Mag : Les espaces naturels sensibles, qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi le Département est-il engagé dans leur gestion ?

Les ENS sont des espaces remarquables pour leur faune et pour leur flore, considérés comme fragiles et devant être protégés. Ils sont les « héritiers » d’une prise de conscience formulée dans les années 1970 par l’État de mieux préserver les écosystèmes.

En 1985, les lois de décentralisation ont donné un nouvel élan à cette démarche en confiant à une collectivité de proximité, le Département, le soin de définir et de mettre en œuvre une politique de préservation et de valorisation de ces espaces naturels sensibles. C’est ainsi que le Département de l’Isère a pu acquérir ses premiers hectares dans les années 1990, comme le bois de la Bâtie, à Saint-Ismier.

Comment le Département finance-t-il ses acquisitions ?

Non. Les communes, les intercommunalités et des structures comme le Conservatoire d’espaces naturels Isère ou les parcs naturels régionaux assurent également la gestion de certains ENS. Je tiens à rappeler qu’aucune collectivité ou organisme associé ne décide de manière unilatérale.

Pour chaque ENS acquis, restauré et valorisé, un plan de gestion est élaboré de manière concertée avec les élus, les agriculteurs, les pêcheurs, les chasseurs, les forestiers, les randonneurs et les associations de protection de la nature.

L’objectif est de déterminer ensemble un plan d’action prévoyant l’ouverture ou non d’un ENS au public et, dans l’affirmative, quels aménagements réaliser pour le valoriser tout en le protégeant d’une trop forte fréquentation. Un ENS n’est pas un espace mis sous cloche, mais un lieu de vie partagé où cohabitent intelligemment différents usages.

Un nouveau schéma départemental des ENS isérois a été présenté en septembre 2024. Que révèle-t-il ?

En 2022, nous avons décidé d’évaluer l’état de la biodiversité en Isère pour optimiser nos besoins et ceux des collectivités partenaires. Ce nouveau schéma est la résultante de ce diagnostic.

Ainsi, il est apparu nécessaire d’accroître la maîtrise du foncier situé dans le périmètre des ENS. Sans cette maîtrise publique, il est impossible de mettre en place des mesures efficaces de protection. Ce schéma propose également un classement des sites en fonction de leur intérêt patrimonial, leur vocation à recevoir du public ou à être seulement protégés.

Cela nous permettra d’ajuster notre soutien financier dans une approche pragmatique, incitative et concertée. Il préconise aussi que les milieux naturels, pour être labellisés ENS, soient à l’avenir davantage diversifiés et plus représentatifs d’un territoire.

Enfin, et c’est en raison de la bonne gestion de nos sites, qu’il est demandé à l’État de reconnaître plus de 80 d’entre eux comme des aires de protection forte au plan national.

Comment les Isérois peuvent-ils les découvrir ?

Avec 146 ENS, dont 19 départementaux, l’Isère possède le plus vaste réseau de France et certainement l’un des plus variés, avec ces zones humides, étangs, marais et tourbières qui sont des réservoirs de biodiversité, mais aussi ces pelouses sèches qui servent de refuge à la petite faune et, enfin, ces forêts qui captent le carbone et constituent de véritables poumons verts.

Si nos ENS sont ouverts au public en visite libre toute l’année, le Département organise aussi du 8 mai au 12 octobre ses Rendez-Vous nature. Cette année encore, une cinquantaine de sites feront l’objet de visites guidées et d’animations pédagogiques avec des guides nature.

À leur côté, le public pourra apprendre à observer et à mieux reconnaître différentes espèces animales et végétales : libellules, batraciens, reptiles, papillons, orchidées… Cette opération vient en complément du programme « À la découverte des ENS », où 30 000 scolaires sont invités chaque année à se rendre sur un ENS. L’éducation à la nature est une priorité !